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Les notes de cours des enseignants : un objet écrit non identifié ?

Texte alternatif

JEF 14

Date et lieu

Vendredi 26 mars 2021 INSPE Paris

Objectifs

L’intérêt porté depuis plusieurs années aux gestes professionnels des enseignants a fait émerger la question de leurs pratiques d’écriture. Deux aspects des pratiques enseignantes ont jusqu’ici concentré l’attention des chercheurs : l’écriture réflexive dès la formation initiale, d’une part, et l’existence d’un agir enseignant que révèlent notamment les interactions en classe, d’autre part. Entre ces deux pôles, les écrits sans visée réflexive ni formative produits par les professeurs dans l’exercice de leur métier sont largement occultés par l’importance accordée à l’oralité du temps d’enseignement et, de ce fait, relativement peu étudiés. Des typologies ont néanmoins été proposées pour classer ces écrits (Clerc 1999, Daunay 2011). Parmi les catégories dégagées, certaines ont été plus étudiées que d’autres. Alors que des recherches ont été menées sur l’annotation des écrits d’élèves (Halté 1984, Pilorgé 2010, Elalouf 2016), sur l’écriture au tableau (Nonnon 1999, 2000, 2004, Hassan 2010), sur les affichages en classe (Dufour 2013, 2016) et sur la production de supports d’apprentissage (Morisse 2011, Le Ferrec & Leclère 2015), l’écriture de leur cours par les professeurs reste largement inexplorée. Cette disparité tient à une spécificité des notes de cours des enseignants : produits en dehors de la classe, ceux-ci ne sont pas destinés à circuler.

Ainsi soustraits aux regards extérieurs, ces écrits sont considérés par les enseignants eux-mêmes comme les plus personnels de leurs écrits professionnels. Absents, de fait, des discours institutionnels, ils résistent aussi davantage à l’observation des chercheurs. La multiplicité des désignations pour ce type d’écrits (« préparations », « cours », « fiches de préparation », « notes », etc.) ainsi que leur hétérogénéité selon les contextes (niveaux d’enseignements, disciplines), selon la variété des technologies utilisées (manuscrit, numérique, papier, tablette, etc.) et selon les pratiques des enseignants rendent l’objet notes de cours difficile à appréhender.

L’objectif de cette journée d’études est de contribuer à cerner cet objet écrit, quotidien dans la pratique mais peu visible, en confrontant trois points de vue : linguistique, didactique et anthropologique.

Contenu et intervenants

  • Nicolas Sembel (INSPE d’Aix-Marseille / ADEF – EA 4671) : Les écrits pour les cours des enseignant-e-s : une activité d’intellectuel-le-s professionnel-le-s prise entre deux dynamiques, le « moribond » contre le vivant
  • Martine Jaubert (Université de Bordeaux / Lab-E3D) : Les écrits professionnels, des outils pour les enseignants, un observatoire de questions vives pour les didactiques
  • Caroline Scheepers (Pôle académique de Bruxelles) : Les notes des cours des enseignants du supérieur : quels écrits, quelles procédures ?
  • Muriel Jorge (Sorbonne Université / HTL – UMR 7597) : Entre écriture et enseignement, le temps des notes de cours
  • Luc Trouche (École Normale Supérieure de Lyon, Institut Français de l’Éducation / S2HEP) : Comprendre le travail des professeurs à travers leurs interactions avec les ressources de leur enseignement
  • Malory Leclère (Université Sorbonne Nouvelle / Diltec – EA 2288) : Supports pédagogiques pour la classe et notes de cours : entre complémentarité et concurrence

Public concerné

Formateurs INSPE, enseignants-chercheurs, enseignants, professeurs-stagiaires